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L’interview de Jean-Paul

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« Soyons unis, actifs, réactifs et créatifs ! »

gouverneur interviewLa Covid 19 n’épargne pas les Lions, individuellement et collectivement. Les clubs, entre confinement, couvre-feu et lockdown … subissent de plein-fouet les effets de la pandémie. Certains sont sains, d’autres sont positifs mais parfois asymptomatiques. Quelques-uns sont aux soins intensifs, ou peut-être en réanimation. Une situation préoccupante pour notre Gouverneur comme pour tous ceux qui veillent à la (bonne) santé de nos Services-Clubs, de leurs membres et de leurs instances. Pour Jean-Pierre Mouton, le message est clair : « Plus que jamais, réveillons-nous, restons unis, soyons actifs, réactifs, innovants et créatifs ! ».

Au niveau du district quel bilan peut-on déjà dresser de cette crise Covid aujourd’hui ? 

« Pas brillant évidemment. Les décisions prises, celles qu’on attend et qu’on redoute n’incitent pas à l’optimisme et à l’action. A ce jour, et depuis mars, certains Clubs sont littéralement en léthargie, certains ne se sont plus réunis du tout depuis mars. Ni « présentiellement » ni par visioconférence. Il y a deux catégories de Clubs ; les plus « jeunes » souvent plus dynamiques et réactifs, et d’autres avec un âge moyen de plus de 65 ans ; ceux-là semblent avoir beaucoup de difficultés ou un manque de motivation. Dans le district, la moyenne d’âge est de 62 ans. Certes, elle diminue un peu et des Clubs commencent à recruter des plus jeunes… quand ils recrutent. Or, le recrutement, c’est la 2e grosse difficulté. On constate l’arrêt quasi complet du recrutement alors que les démissions augmentent du côté de Lions plus âgés qui se disent « de toute façon, à mon âge je ne sais plus rien faire, plutôt que de payer ma cotisation, j’arrête ». Triste alors que c’est vraiment le moment de rester unis, de faire front, d’agir et de mettre nos actions en évidence. C’est pour cela qu’il faut continuer nos actions ; on n’est pas Lions pour le Lionisme, on est Lions pour « servir », pour agir, pour être solidaires, pour être partenaires. On est Lions parce qu’on fait partie d’un Club de personnes responsables qui veulent agir dans leur environnement ». 

Les réunions sous covid ?

« Elles doivent être maintenues, d’une manière ou d’une autre ; en «virtuel » ou en « présentiel ». Si on le peut, on doit se réunir en respectant les règles, les normes imposées et il faut le faire savoir, c’est aussi indispensable pour notre image de marque. Mon slogan c’est « participons » et participer c’est être actif mais aussi respecter les règles de la société. On n’est pas obligés de faire des réunions avec repas et je sais que dans certains Clubs, si on ne mange pas, on n’a personne … mais on peut aussi s’adapter dans les restaurants en faisant des petites tables et en respectant la distanciation sociale. On n’est pas non plus obligés de manger … ».

Les actions, manifestations souffrent aussi !

« Bien sûr et le message que je tiens à faire passer auprès des Clubs, c’est que les Clubs doivent continuer à organiser des activités, à être sur le terrain et à le montrer et le faire savoir. C’est vrai, le contexte est difficile, il est changeant et il faut se montrer de plus en plus souple et imaginatif. Concernant les marchés de Noël par exemple, beaucoup de Clubs étaient partants pour ce type d’organisation. Des choses étaient prévues, des investissements réalisés … les nouvelles règles sont absolument imbuvables et beaucoup d’activités devront être annulées. Il faut trouver autre chose, se montrer créatif, innovant, original. Le public est là, les gens sont demandeurs, peut-être même encore plus aujourd’hui qu’hier. Les conditions d’organisation sont devenues pénibles mais si plus aucune activité n’est organisée, ce sera la mort du Club. Pas nécessairement pour des raisons financières mais déjà au niveau de la solidarité, de la convivialité entre les membres… Si on est présent, on peut identifier vraiment ceux qui s’engagent à faire quelque chose. Avec les visioconférences, c’est plus difficile. Côté vie de Club, j’espère que les Lions vivent toujours avec des perspectives d’action. Il n’y a pas de mains gauches dans nos membres Lions et donc si on ne parvient pas à faire travailler son imagination pour trouver des activités, même inédites… je pense qu’on doit chercher vraiment. Vente de vin, de champagne, de bière ou de chocolat, n’importe quoi, on doit trouver des opportunités même si on sait que cela ne va pas rapporter 15.000 euros. La pandémie, il faut en faire une opportunité, c’est le moment, plus que jamais, d’être inventifs ».

As-tu déjà constaté des évolutions dans les actions ?

« On voit des Clubs se lancer sur le Web pour vendre des produits divers, champagne, chocolat …  Le club de Binche a produit et vendu du jus de pomme, celui de Châtelet commercialise un chouette petit étui pour masque dans une pochette plastique. L’occasion d’insister sur la nécessité de se protéger, de donner les moyens de le faire et surtout de faire savoir ce que les Lions font, ont fait pour lutter contre cette pandémie. Au dos de la petite pochette, le Club explique ce qu’il a déjà fait contre la Covid. Les dames apprécieront pour mettre dans leur sac à main ce gadget pratique qui ne coûte pas grand-chose. C’est vendu 3 euro et ça a coûté 1,6 euro. Une petite marge bénéficiaire certes mais ce n’est pas à perte. Et si ce n’est pas fait pour l’apport financier, c’est pour montrer ce que nous faisons. On devrait le faire aussi vis-à-vis de la presse, montrer et mettre nos actions un peu plus en évidence ».

Un impact financier pour les Clubs ?

« Oui, il est énorme. Et même au-delà d’un manque à gagner, c’est parfois de déficit dont on parle. Des Clubs s’étaient parfois engagés pour des actions, avaient réservé des salles, payé des acomptes, des manifestations sont annulées, reportées quand c’est possible … lors d’annulation parfois les acomptes sont perdus. Il y a parfois des pertes financières et certains Clubs ont aussi parfois des engagements financiers importants ».

Le District avait annoncé son aide en cas de problème. Des demandes ?

« Jusqu’à présent, rien de la part des Clubs, par contre, des ASBL soutenues par des Clubs ont envoyé des demandes d’aide directement au District ».

Des pistes pour trouver d’autres moyens de financement ?

« C’est bien sûr le souhait de tous … Il y a des pistes et nos amis néerlandophones du District B ont adressé une plaquette intitulée « Clubs efficaces en période de coronavirus » aux membres de leurs Clubs ; elle contient des conseils intéressants tant pour la communication interne qu’externe, pour les réunions en vidéo conférence ou pas, pour les récoltes de fonds … Un point important, dans le contexte actuel, c’est de rendre les actions aussi compatibles que possible avec le coronavirus.

Dans leurs recommandations aussi, un point important que je partage, c’est par exemple pour les actions sociales de maintenir le soutien financier avec la caisse de guerre. Tous les Clubs ont un bas de laine. C’est une règle ou une habitude, on dit qu’il faut garder un tiers des rentrées annuelles. Dans beaucoup de Clubs, ce tiers est devenu 300% des rentrées annuelles. Dans certains Clubs on ne distribue que 90% des recettes … il y a des Clubs qui ont de fameux bas de laine. Certains ont des obligations importantes aussi mais je pense qu’il faut aussi faire comprendre qu’à certains moments, et je crois que c’en est un aujourd’hui, le « trésor de guerre » est à dépenser. Ça ne sert à rien de thésauriser, ça ne rapporte rien. Tous les Clubs ont des réserves, parfois importantes et c’est un message à faire passer « il est temps de réviser cette politique de réserve ». On sait qu’il y aura moins de rentrées cette année-ci, l’année prochaine aussi sans doute car quand les gens vont se libérer ils ne vont sans doute pas nécessairement aider les associations, ils vont d’abord se faire plaisir. Raison de plus à déjà bien préparer l’après-Covid … ». 

Ce document du D112B, c’est en tout cas un bon catalogue d’idées, tout n’est pas à prendre à la lettre mais ce sont de bonnes pistes et nous avons décidé en conseil des gouverneurs de valider ce texte et de le diffuser notamment sur le site du Multidistrict ».

Archives

gouverneur interviewJean-Pierre soufflera ses 69 bougies le 18 octobre prochain. Hutois d’origine, Gembloutois d’adoption depuis son mariage avec Huguette, père de trois filles et papy de huit petits-enfants, il a fait toute sa carrière d’ingénieur à l’Institut Géographique National. Passionné d’informatique, il a fait de son hobby aujourd’hui une nouvelle activité.  

Testé positif au virus… du Lionisme en 2003 au club de Gembloux, il en a assuré la présidence en 2007/2008 avant de passer à celle de la zone 41 en 2015 et 2016. Il est aussi et surtout depuis le 1er juillet le Gouverneur de notre District 112 D. Une consécration attendue de longue date pour les Lions namurois qui n’avait plus vu un des leurs prendre la barre du District depuis 27 ans. C’est bien connu, les Namurois sont lents et quand ils ne sont pas dedans, ils y sont… pour longtemps. Jean-Pierre a inversé la tendance. Portrait et interview… sans masque.

S’il peut légitimement se réjouir de son élection, le contexte de crise sanitaire a quelque peu terni la fête. Son prédécesseur, Claudy Roland a essuyé les plâtres et aura connu une fin de mandat difficile. Jean-Pierre, lui, l’a entamé sous le signe du Covid mais ne désespère pas… le terminer sans.

Quel est ton ressenti après quelques semaines d’exercice ? « Un gros regret et des inquiétudes ! Pas de Convention, pas de Convention internationale, de forum européen, pas de passation de pouvoirs, donc pas de rite de passage non plus mais aussi de grosses inquiétudes et interrogations pour le futur. Combien de temps va durer cette crise ? Que va-t-on faire et comment ? Je n’ai pas encore commencé mes visites de clubs, c’était prévu pour octobre mais… il y a encore des clubs qui ne se réunissent pas, ni en visioconférence ni en ” vrai “. La ” visio ” , c’était tout feu tout flamme au début mais il a bien fallu constater un essoufflement…  Avec le District, j’ai encore pas mal de réunions en visioconférence mais quand c’est possible on les fait en ” réel ” ».

Et l’ambiance dans les clubs ? « On sent toujours une grande crainte, on n’ose pas encore vraiment organiser des choses pour l’instant. Personne ne sait prévoir l’évolution de la pandémie et les normes qui seront en vigueur demain. Certains clubs ont dû annuler des manifestations et ont perdu de l’argent, c’est un réel problème pour les œuvres que les clubs soutiennent. Certains ont des engagements à long terme et cela pose et posera problème. J’en profite d’ailleurs pour signaler que nous avons pris des décisions pour ces clubs qui connaissent vraiment des difficultés. Un budget a été prévu et nous pouvons les aider financièrement, il est bon de le rappeler ».

Comment se porte le District ? « Financièrement, du fait d’avoir stoppé les réunions, annulé toutes les activités, on est en bénéfice. Les cotisations n’ont pas été revues à la baisse mais une part de ces cotisations est réservée à l’organisation de la Convention, à une intervention dans les frais de voyages pour les vice-Gouverneurs, pour les présidents de Zone… Tout cela est tombé à l’eau…  Les finances sont donc saines et c’est pour cette raison que nous avons pu investir dans des achats de masques et que nous avons fait un don à la LCIF. Nous avons reçu de la LCIF mais nous avons également donné, on vient d’ailleurs de faire un don de 2.500 € pour le Liban suite au drame de Beyrouth. Un message que je voudrais faire passer, c’est aussi que grâce au Covid, on a pu montrer, surtout en Wallonie que les Lions étaient directement au service de la population. Dès le début de la crise, le fait d’avoir pu commander des masques, de les avoir distribués, cela a marqué la population. Je pense que l’on doit surfer là-dessus. Nous ne sommes pas, comme certains le pensent, à observer de loin et à ouvrir son portefeuille, non, ici on a participé physiquement pour le bien de la population, on a ciblé les besoins urgents… Les remerciements ont été immédiats et ont été répercutés sur les réseaux sociaux, dans la presse…  ».

Et sur le plan moral ? « Je suis un optimiste de nature ! Quand j’ai remis mes objectifs fin mars, donc avant le Covid, j’avais évoqué l’ambition de voir se créer deux nouveaux clubs et de compter 40 nouveaux Lions (N.D.L.R. : le District 112D a compté 101 clubs. Ils sont 99 aujourd’hui et comptent environ 2.370 membres), on verra ce qu’il en sera dans ce contexte difficile mais j’y crois… Autre souhait, mais ce sera sans doute plus difficile, c’est de convaincre les clubs de consacrer dix pour cent de leurs rentrées pour la LCIF. On voit qu’elle nous rend aussi beaucoup d’argent et à l’analyse de leur type d’action, on voit qu’ils vont directement au cœur des problèmes, qu’ils ne passent pas par des intermédiaires parfois douteux. Les clubs préfèrent aussi agir à leur niveau. C’est ” d’abord nous “, ” nos pauvres à nous ” , une tendance naturelle, universelle… mais il faut rappeler aussi qu’on peut dire à la LCIF quand on lui fait un versement qu’on souhaite que ce soit pour telle ou telle action et pas global ou général. Enfin autre message que j’aimerais faire passer, c’est qu’on ne se cantonne pas toujours aux mêmes œuvres, dans le même style. J’aimerais vraiment qu’on change le paradigme des œuvres à aider…  C’est vrai que pour de nombreuses institutions nos dons sont un “plus” mais je pense que si elles sont subventionnées, et la plupart des œuvres retenues le sont, on devrait chercher ailleurs. Aujourd’hui je trouve par exemple que la Culture, la Musique, les artistes ont aussi besoin d’aide, tout comme le monde sportif… J’aimerais vraiment que les clubs réfléchissent à d’autres cibles, collectives ou individuelles. La crise économique née de la crise sanitaire laissera apparaître aussi de nouveaux besoins dans d’autres secteurs… ».

Tu as décidé d’agir aussi sur la Communication du District vers les clubs et leurs membres « Oui. Avec Oliver Destrebecq, Raphaël Lanza, Alain Gego et Dominique Hellebois, une cellule “communication” a d’ailleurs été mise en place pour cela, elle devrait encore s’étoffer, s’équiper et tout ce qui est communication passera désormais par elle. Il a été décidé que clubs et membres n’auront plus de “mass mailings” venant du Multidistrict et je souhaite à l’avenir que tous les présidents de commissions utilisent ce canal de communication. Il permettra aussi aux clubs de présenter leurs activités dans un agenda accessible à tous les membres… ».

Tes souhaits ? « J’aimerais vraiment orienter nos activités Lions vers la Jeunesse ; le concours d’éloquence, l’award du jeune ambassdeur, tout ce genre de choses par sympathie envers ceux qui s’en occupent en général. Par sympathie avec Pierre Guérin en particulier j’aimerais que l’on mette en valeur le CEDRES, une action de lutte contre le diabète qui est au nombre des cinq piliers du Lions International. Les présidents des clubs il y a quelques jours ont reçu une lettre d’intention du comité du District à ce sujet, il s’agit ici d’un appel à projet pour financer une opération de dépistages gratuits sur un site à définir mais qui sera choisi par les clubs. Le diabète est une problématique qui touche tout le monde, toutes les familles, là aussi nous avons un rôle important à jouer ».

Comment vois-tu l’après-Covid… à condition qu’il y en ait un ? « Etre Lions c’est aussi être ami et avoir du bon temps. La dimension plaisir, le contact, c’est quelque chose qu’on devrait retrouver dans les clubs… ».

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