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Interview du Gouverneur

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Mes vœux pour 2021 ? Un remède à la Covid et le retour à la convivialité !

gouverneur voeux

2020 s’achève… Une année dont on ne pourra que se souvenir, hélas pas pour de bonnes et agréables raisons. Depuis le mois de mars, nous vivons au rythme des chiffres de progression de ce virus qui terrasse autant les hommes que l’économie. Annus horribilis bien évidemment aussi pour notre Gouverneur qui s’est vu confier les rênes du District 112 D en pleine crise sanitaire. Avec son équipe, il assume en attendant des jours meilleurs. Du côté des Clubs on ne chôme pas non plus…

Aujourd’hui, à mi-mandat ou presque, même s’il reste positif et confiant en l’avenir, Jean-Pierre dresse un bilan mitigé d’une année qu’il n’hésite pas à qualifier de « désespérante ». Entre confinement, déconfinement et …reconfinement,  « à ce jour, on n’a vraiment su travailler qu’un mois et demi… » . En « présentiel , soulignons-le quand même car les instances du District ne sont pas restées inactives ». Reste que ses six premiers mois d’exercice lui laissent quelques regrets.

 « L’année du Gouverneur c’est une année de rencontre, de dialogue et de communication. Les rencontres sont passées à la trappe, la convivialité est plombée et mon vœux le plus cher pour cette année 2021 est justement de retrouver la convivialité des réunions, des rencontres, des échanges et des activités. Mon souhait aussi est que l’on continue à avoir cette image, très importante selon moi, du Lion qui aide la société et tous ses membres, toutes ses composantes ; cela rejoint parfaitement mon slogan qui est « participons ». Participer est je pense encore plus d’actualité dans le contexte que nous connaissons ».

Mais même sans rencontres « en vrai », le District s’adapte, travaille et prend des décisions…! « Nous venons par exemple de concrétiser officiellement l’opération Win-Win que nous voulions mettre en place. De quoi s’agit-il ? D’un coup de pouce financier du District envers les Clubs pour les encourager à poursuivre leurs actions, à en mettre en place de nouvelles dans ce contexte de crise sanitaire. Un coup de pouce financier qui ne pourra qu’être positif pour les bénéficiaires de ces actions. Quand une action d’un Club est orientée vers des besoins spécifiques au contexte Covid, chaque euro investi par le Club sera en effet doublé par le District. Une limite sera fixée mais on table déjà sur une dizaine de Clubs qui vont réagir immédiatement et nous espérons que d’autres suivront. Le premier dossier qui est passé est d’ailleurs celui du club d’Erquelinnes pour la préparation de leur opération « colis de Noël ». Notre intervention cible des actions liées au contexte Covid mais pas uniquement dans le domaine de l’aide alimentaire, même si c’est un des premiers besoins des personnes défavorisées et qu’il est de plus en plus criant… 

L’information sera relayée via les Présidents de Régions et de Zones vers les Clubs. Les dossiers remis par les Clubs devront d’ailleurs passer par les PZ et les PR avant d’être transmis à la Gouvernance qui statuera. Il ne faut pas traîner, c’est une période propice pour ce type d’interventions… 

Pour le reste, comme vous pouvez le constater dans vos courriels, le District communique plus et mieux. Notre site web https://112dlions.be est en évolution permanente en liaison avec les Clubs qui sont invités à y communiquer sur les œuvres qu’ils soutiennent et les actions qu’ils mettent en place ».

Et côté Clubs justement ?

« Il y a toujours des Lions qui restent confinés et des Clubs en hibernation qui ne se réunissent plus, même virtuellement mais cela reste heureusement des exceptions. Des Clubs se sont adaptés et ont réorienté leurs actions dans ce contexte particulier. On a assisté à des opérations de ventes de produits divers, des chocolats, des bières, des pochettes pour masques… Certains ont proposé des livraisons de plats ou menus à domicile… Dans ce cadre, par exemple, il faut signaler « La raclette solidaire », une belle action initiée par le LC Charleroi Porte de France dans le cadre des défis « Viva for Life », et qui réunit les Clubs de la région de Charleroi. Depuis le 15 décembre et jusqu’au 9 février prochain, Les Lions Carolos vous proposent de commander votre plateau « raclette » (200g de charcuterie et 200g de fromage avec éventuellement une bouteille de vin). Leur objectif, atteindre les 1.000 raclettes qui leur permettraient de faire don de 5 ou 6.000 euros à Viva for life. D’autres Clubs ont déjà décidé de participer à leur manière et de commander des raclettes… pour les offrir… C’est le cas par exemple du Club de Philippeville qui a passé commande pour offrir ses raclettes à la Croix Rouge de Couvin… Là aussi vous trouverez toutes les informations sur notre site à l’adresse www.112dlions.be/raclette .

Et puisque nous sommes justement dans Viva for Life, des Clubs ont répondu « présent » et ont participé financièrement à l’opération pour laquelle un chèque de 17.500 euros a déjà été remis au nom du District 112D. Dans ce cadre aussi, je me permets d’insister pour que les dons soient versés sur le compte « Viva for life » spécifique aux Lions. Pour rappel, si votre Club Lions décide de faire un don, nous demandons à ce que celui-ci soit versé, UNIQUEMENT, sur le compte BE39 7320 0812 5419 de Viva for Life avec, en communication, VFL-Don du Lions Club « Nom du club » D.112D.  Pour tout don personnel, le versement doit se faire sur le même compte BE39 7320 0812 5419 avec, en communication, VFL-Don du Lion « Nom du membre » D.112D. Cette année, tout don de 40,00 € minimum donne droit à une déductibilité fiscale de 60 % au lieu des 45% habituels. Je crois que cela sera un bel encouragement et une fois encore, toutes les informations se retrouvent sur notre site… »

Tes vœux pour 2021 ?

« Les mêmes que tout le monde ! C’est l’espoir que le vaccin va pouvoir résoudre tous les problèmes… et surtout nous permettre de revenir à des conditions de vie et de travail normales. Mon plus grand souhait c’est aussi  que les Clubs restent hyperactifs et pensent au recrutement car c’est dans l’activité qu’on est les plus visibles et que l’on peut sensibiliser des gens à nos actions, à notre cause et les inciter à nous rejoindre ».

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Quelle est la situation sur le terrain, dans les Clubs ?  

Si certains Clubs ne se réunissent toujours pas, même virtuellement, d’autres ont maintenant pris le pli de se retrouver régulièrement en visio-conférence. C’est un avis unanimement partagé, rien ne remplace une rencontre en « présentiel » et on ne peut qu’espérer un retour rapide à la normale.
Les activités aussi ont repris et de nouvelles initiatives, de nouvelles actions ont été mises en place. C’est une excellente chose mais si je reçois régulièrement ces informations sur mon mail je constate que les Clubs ne communiquent pas, ou en tout cas pas assez, voir même pas du tout sur les outils qui sont mis à leur disposition. Il est possible de s’informer et surtout d’informer sur les activités des Clubs sur le site du District (https://112dlions.be/action) mais il faut donc aussi et surtout que les Clubs n’hésitent pas à communiquer sur ce qu’ils font. Le savoir-faire c’est bien, le faire savoir… c’est encore mieux. Il y a un formulaire qui est en ligne, facile à utiliser, peut-être pas suffisamment visible à mon sens mais pour l’instant il n’y a que 7 activités annoncées sur notre site. J’espère qu’on va déconfiner plus complètement en janvier prochain, c’est donc déjà le moment de faire de la publicité sur les activités des Clubs. C’est déjà maintenant qu’il faut communiquer, et pas le 15 janvier…

Un message à faire passer ?

Deux !

Le premier c’est qu’il est important de recentrer nos activités de Clubs. Depuis le mois de mars, certains Clubs ne se sont plus réunis du tout. Des Lions ne se sont plus vus, plus parlé. Loin des yeux loin du cœur… Et même si certains Clubs travaillent toujours, il y a des membres qui se détachent. C’est vers ceux-là qu’il faut regarder et rappeler aux Clubs qu’à la première occasion il ne faut pas oublier des réunions plus festives. C’est vraiment un message à faire passer car je pense que le lien social, la reconstruction de ce lien social vont passer par ces réunions festives. Avec le virtuel c’est difficile ; si on veut retisser des liens d’amitié cela se fait, heureusement d’ailleurs, notamment autour d’une bonne table et sans oublier épouses ou époux. Les retrouvailles autour d’une bonne table, ce n’est pas l’essentiel pour les Lions mais cela fait partie de la vie d’un Club et cela concourt au renforcement des liens sociaux. Et là aussi, il est sans doute temps de penser à cet « après-Covid » que nous souhaitons rapide… Il faut aussi le préparer !

Le second message que j’aimerais faire passer c’est que les structures du Lions Clubs International  rappellent que la LCIF existe et qu’elle est toujours active et présente sur le terrain. 

La crise a plongé certaines associations ou œuvres soutenues par nos Clubs dans la précarité, principalement à cause d’un manque de ressources externes. Certains Clubs ne peuvent plus les soutenir comme avant. Il ne faut donc pas oublier nos œuvres habituelles ou d’autres qui vont sans aucun doute faire de plus en plus appel à nous pour des besoins humanitaires et moins matériels. Les restos du cœur, les banques alimentaires souffrent déjà et vont souffrir encore. Je crois qu’il faut penser à se tourner plus vers l’humain, privilégier l’homme et rencontrer ses besoins essentiels.

A l’heure où le télétravail se généralise ou l’enseignement recourt de plus en plus, voire complètement aux cours et formations par visio-conférence, La crise a fait apparaître aussi l’importance de la fracture numérique. Les Lions ne pourraient-il pas intervenir dans ce cadre ?

Effectivement et je pense qu’il y a là aussi du travail à faire, mais plus pour rencontrer des besoins individuels que collectifs, pour des écoles par exemple. Les écoles, c’est délicat chez nous entre l’officiel, le libre, les différents réseaux et pouvoirs subsidiants. Les besoins ne sont pas les mêmes. Et aider l’une plutôt que l’autre risque de nous exposer à des difficultés dont on se passe volontiers. Des actions individuelles seraient sans doute à mon sens plus porteuses, il est plus porteur d’aider ceux qui en ont vraiment le plus besoin.

Les actions, manifestations souffrent aussi !

« Bien sûr et le message que je tiens à faire passer auprès des Clubs, c’est que les Clubs doivent continuer à organiser des activités, à être sur le terrain et à le montrer et le faire savoir. C’est vrai, le contexte est difficile, il est changeant et il faut se montrer de plus en plus souple et imaginatif. Concernant les marchés de Noël par exemple, beaucoup de Clubs étaient partants pour ce type d’organisation. Des choses étaient prévues, des investissements réalisés … les nouvelles règles sont absolument imbuvables et beaucoup d’activités devront être annulées. Il faut trouver autre chose, se montrer créatif, innovant, original. Le public est là, les gens sont demandeurs, peut-être même encore plus aujourd’hui qu’hier. Les conditions d’organisation sont devenues pénibles mais si plus aucune activité n’est organisée, ce sera la mort du Club. Pas nécessairement pour des raisons financières mais déjà au niveau de la solidarité, de la convivialité entre les membres… Si on est présent, on peut identifier vraiment ceux qui s’engagent à faire quelque chose. Avec les visioconférences, c’est plus difficile. Côté vie de Club, j’espère que les Lions vivent toujours avec des perspectives d’action. Il n’y a pas de mains gauches dans nos membres Lions et donc si on ne parvient pas à faire travailler son imagination pour trouver des activités, même inédites… je pense qu’on doit chercher vraiment. Vente de vin, de champagne, de bière ou de chocolat, n’importe quoi, on doit trouver des opportunités même si on sait que cela ne va pas rapporter 15.000 euros. La pandémie, il faut en faire une opportunité, c’est le moment, plus que jamais, d’être inventifs ».

Comment identifier ces besoins ?

C’est là toute la difficulté. A moins de recevoir des demandes précises, je ne sais pas si les CPAS pourraient nous aider… Nous devons rester à l’écoute et analyser méticuleusement les demandes mais ce n’est pas simple car on rentre inévitablement dans la sphère privée des éventuels bénéficiaires.

Pour des interventions de ce type, financièrement plus lourdes, les Clubs pourraient-ils à leur tour compter sur des aides des instances ?

Oui, et justement, nous avons abordé cette question mercredi en réunion de Cabinet et du CA de l’ASBL Lions District 112 D. Une décision hyper importante a été prise en ce sens. Le District sera partenaire et pourra aider financièrement des Clubs qui font l’effort d’agir et de « Servir ». Au District, nous pouvons nous aussi aller chercher dans nos réserves nous devons le faire pour des actions qui en valent la peine. Le but d’un District n’est pas de thésauriser, il est de vraiment aider les Clubs qui se décarcassent pour « Servir » ceux et celles qui en ont le plus besoin et ils seront sans doute de plus en plus nombreux dans les mois, les années à venir. Je l’ai déjà dit, Il faut pouvoir utiliser à bon escient les réserves, les bas de laine, ces « trésors de guerre » qui peuvent permettre de faire le bien. Le District peut utiliser ces fonds et, mieux encore, il vient de décider d’affecter un budget de près de 30.000 euros (dont 20.000 au profit de personnes en grande difficultés à cause de la Covid) pour soutenir des actions sociales.

gouverneur interviewLa Covid 19 n’épargne pas les Lions, individuellement et collectivement. Les Clubs, entre confinement, couvre-feu et lockdown … subissent de plein-fouet les effets de la pandémie. Certains sont sains, d’autres sont positifs mais parfois asymptomatiques. Quelques-uns sont aux soins intensifs, ou peut-être en réanimation. Une situation préoccupante pour notre Gouverneur comme pour tous ceux qui veillent à la (bonne) santé de nos Services-Clubs, de leurs membres et de leurs instances. Pour Jean-Pierre Mouton, le message est clair : « Plus que jamais, réveillons-nous, restons unis, soyons actifs, réactifs, innovants et créatifs ! ».

 

Au niveau du district quel bilan peut-on déjà dresser de cette crise Covid aujourd’hui ? 

« Pas brillant évidemment. Les décisions prises, celles qu’on attend et qu’on redoute n’incitent pas à l’optimisme et à l’action. A ce jour, et depuis mars, certains Clubs sont littéralement en léthargie, certains ne se sont plus réunis du tout depuis mars. Ni « présentiellement » ni par visioconférence. Il y a deux catégories de Clubs ; les plus « jeunes » souvent plus dynamiques et réactifs, et d’autres avec un âge moyen de plus de 65 ans ; ceux-là semblent avoir beaucoup de difficultés ou un manque de motivation. Dans le district, la moyenne d’âge est de 62 ans. Certes, elle diminue un peu et des Clubs commencent à recruter des plus jeunes… quand ils recrutent. Or, le recrutement, c’est la 2e grosse difficulté. On constate l’arrêt quasi complet du recrutement alors que les démissions augmentent du côté de Lions plus âgés qui se disent « de toute façon, à mon âge je ne sais plus rien faire, plutôt que de payer ma cotisation, j’arrête ». Triste alors que c’est vraiment le moment de rester unis, de faire front, d’agir et de mettre nos actions en évidence. C’est pour cela qu’il faut continuer nos actions ; on n’est pas Lions pour le Lionisme, on est Lions pour « servir », pour agir, pour être solidaires, pour être partenaires. On est Lions parce qu’on fait partie d’un Club de personnes responsables qui veulent agir dans leur environnement ». 

Les réunions sous covid ?

« Elles doivent être maintenues, d’une manière ou d’une autre ; en «virtuel » ou en « présentiel ». Si on le peut, on doit se réunir en respectant les règles, les normes imposées et il faut le faire savoir, c’est aussi indispensable pour notre image de marque. Mon slogan c’est « participons » et participer c’est être actif mais aussi respecter les règles de la société. On n’est pas obligés de faire des réunions avec repas et je sais que dans certains Clubs, si on ne mange pas, on n’a personne … mais on peut aussi s’adapter dans les restaurants en faisant des petites tables et en respectant la distanciation sociale. On n’est pas non plus obligés de manger … ».

Les actions, manifestations souffrent aussi !

« Bien sûr et le message que je tiens à faire passer auprès des Clubs, c’est que les Clubs doivent continuer à organiser des activités, à être sur le terrain et à le montrer et le faire savoir. C’est vrai, le contexte est difficile, il est changeant et il faut se montrer de plus en plus souple et imaginatif. Concernant les marchés de Noël par exemple, beaucoup de Clubs étaient partants pour ce type d’organisation. Des choses étaient prévues, des investissements réalisés … les nouvelles règles sont absolument imbuvables et beaucoup d’activités devront être annulées. Il faut trouver autre chose, se montrer créatif, innovant, original. Le public est là, les gens sont demandeurs, peut-être même encore plus aujourd’hui qu’hier. Les conditions d’organisation sont devenues pénibles mais si plus aucune activité n’est organisée, ce sera la mort du Club. Pas nécessairement pour des raisons financières mais déjà au niveau de la solidarité, de la convivialité entre les membres… Si on est présent, on peut identifier vraiment ceux qui s’engagent à faire quelque chose. Avec les visioconférences, c’est plus difficile. Côté vie de Club, j’espère que les Lions vivent toujours avec des perspectives d’action. Il n’y a pas de mains gauches dans nos membres Lions et donc si on ne parvient pas à faire travailler son imagination pour trouver des activités, même inédites… je pense qu’on doit chercher vraiment. Vente de vin, de champagne, de bière ou de chocolat, n’importe quoi, on doit trouver des opportunités même si on sait que cela ne va pas rapporter 15.000 euros. La pandémie, il faut en faire une opportunité, c’est le moment, plus que jamais, d’être inventifs ».

As-tu déjà constaté des évolutions dans les actions ?

« On voit des Clubs se lancer sur le Web pour vendre des produits divers, champagne, chocolat …  Le club de Binche a produit et vendu du jus de pomme, celui de Châtelet commercialise un chouette petit étui pour masque dans une pochette plastique. L’occasion d’insister sur la nécessité de se protéger, de donner les moyens de le faire et surtout de faire savoir ce que les Lions font, ont fait pour lutter contre cette pandémie. Au dos de la petite pochette, le Club explique ce qu’il a déjà fait contre la Covid. Les dames apprécieront pour mettre dans leur sac à main ce gadget pratique qui ne coûte pas grand-chose. C’est vendu 3 euro et ça a coûté 1,6 euro. Une petite marge bénéficiaire certes mais ce n’est pas à perte. Et si ce n’est pas fait pour l’apport financier, c’est pour montrer ce que nous faisons. On devrait le faire aussi vis-à-vis de la presse, montrer et mettre nos actions un peu plus en évidence ».

Un impact financier pour les Clubs ?

« Oui, il est énorme. Et même au-delà d’un manque à gagner, c’est parfois de déficit dont on parle. Des Clubs s’étaient parfois engagés pour des actions, avaient réservé des salles, payé des acomptes, des manifestations sont annulées, reportées quand c’est possible … lors d’annulation parfois les acomptes sont perdus. Il y a parfois des pertes financières et certains Clubs ont aussi parfois des engagements financiers importants ».

Le District avait annoncé son aide en cas de problème. Des demandes ?

« Jusqu’à présent, rien de la part des Clubs, par contre, des ASBL soutenues par des Clubs ont envoyé des demandes d’aide directement au District ».

Des pistes pour trouver d’autres moyens de financement ?

« C’est bien sûr le souhait de tous … Il y a des pistes et nos amis néerlandophones du District B ont adressé une plaquette intitulée « Clubs efficaces en période de coronavirus » aux membres de leurs Clubs ; elle contient des conseils intéressants tant pour la communication interne qu’externe, pour les réunions en vidéo conférence ou pas, pour les récoltes de fonds … Un point important, dans le contexte actuel, c’est de rendre les actions aussi compatibles que possible avec le coronavirus.

Dans leurs recommandations aussi, un point important que je partage, c’est par exemple pour les actions sociales de maintenir le soutien financier avec la caisse de guerre. Tous les Clubs ont un bas de laine. C’est une règle ou une habitude, on dit qu’il faut garder un tiers des rentrées annuelles. Dans beaucoup de Clubs, ce tiers est devenu 300% des rentrées annuelles. Dans certains Clubs on ne distribue que 90% des recettes … il y a des Clubs qui ont de fameux bas de laine. Certains ont des obligations importantes aussi mais je pense qu’il faut aussi faire comprendre qu’à certains moments, et je crois que c’en est un aujourd’hui, le « trésor de guerre » est à dépenser. Ça ne sert à rien de thésauriser, ça ne rapporte rien. Tous les Clubs ont des réserves, parfois importantes et c’est un message à faire passer « il est temps de réviser cette politique de réserve ». On sait qu’il y aura moins de rentrées cette année-ci, l’année prochaine aussi sans doute car quand les gens vont se libérer ils ne vont sans doute pas nécessairement aider les associations, ils vont d’abord se faire plaisir. Raison de plus à déjà bien préparer l’après-Covid … ». 

Ce document du D112B, c’est en tout cas un bon catalogue d’idées, tout n’est pas à prendre à la lettre mais ce sont de bonnes pistes et nous avons décidé en conseil des gouverneurs de valider ce texte et de le diffuser notamment sur le site du Multidistrict ».

gouverneur interviewJean-Pierre soufflera ses 69 bougies le 18 octobre prochain. Hutois d’origine, Gembloutois d’adoption depuis son mariage avec Huguette, père de trois filles et papy de huit petits-enfants, il a fait toute sa carrière d’ingénieur à l’Institut Géographique National. Passionné d’informatique, il a fait de son hobby aujourd’hui une nouvelle activité.  

Testé positif au virus… du Lionisme en 2003 au club de Gembloux, il en a assuré la présidence en 2007/2008 avant de passer à celle de la zone 41 en 2015 et 2016. Il est aussi et surtout depuis le 1er juillet le Gouverneur de notre District 112 D. Une consécration attendue de longue date pour les Lions namurois qui n’avait plus vu un des leurs prendre la barre du District depuis 27 ans. C’est bien connu, les Namurois sont lents et quand ils ne sont pas dedans, ils y sont… pour longtemps. Jean-Pierre a inversé la tendance. Portrait et interview… sans masque.

S’il peut légitimement se réjouir de son élection, le contexte de crise sanitaire a quelque peu terni la fête. Son prédécesseur, Claudy Roland a essuyé les plâtres et aura connu une fin de mandat difficile. Jean-Pierre, lui, l’a entamé sous le signe du Covid mais ne désespère pas… le terminer sans.

Quel est ton ressenti après quelques semaines d’exercice ? « Un gros regret et des inquiétudes ! Pas de Convention, pas de Convention internationale, de forum européen, pas de passation de pouvoirs, donc pas de rite de passage non plus mais aussi de grosses inquiétudes et interrogations pour le futur. Combien de temps va durer cette crise ? Que va-t-on faire et comment ? Je n’ai pas encore commencé mes visites de clubs, c’était prévu pour octobre mais… il y a encore des clubs qui ne se réunissent pas, ni en visioconférence ni en ” vrai “. La ” visio ” , c’était tout feu tout flamme au début mais il a bien fallu constater un essoufflement…  Avec le District, j’ai encore pas mal de réunions en visioconférence mais quand c’est possible on les fait en ” réel ” ».

Et l’ambiance dans les clubs ? « On sent toujours une grande crainte, on n’ose pas encore vraiment organiser des choses pour l’instant. Personne ne sait prévoir l’évolution de la pandémie et les normes qui seront en vigueur demain. Certains clubs ont dû annuler des manifestations et ont perdu de l’argent, c’est un réel problème pour les œuvres que les clubs soutiennent. Certains ont des engagements à long terme et cela pose et posera problème. J’en profite d’ailleurs pour signaler que nous avons pris des décisions pour ces clubs qui connaissent vraiment des difficultés. Un budget a été prévu et nous pouvons les aider financièrement, il est bon de le rappeler ».

Comment se porte le District ? « Financièrement, du fait d’avoir stoppé les réunions, annulé toutes les activités, on est en bénéfice. Les cotisations n’ont pas été revues à la baisse mais une part de ces cotisations est réservée à l’organisation de la Convention, à une intervention dans les frais de voyages pour les vice-Gouverneurs, pour les présidents de Zone… Tout cela est tombé à l’eau…  Les finances sont donc saines et c’est pour cette raison que nous avons pu investir dans des achats de masques et que nous avons fait un don à la LCIF. Nous avons reçu de la LCIF mais nous avons également donné, on vient d’ailleurs de faire un don de 2.500 € pour le Liban suite au drame de Beyrouth. Un message que je voudrais faire passer, c’est aussi que grâce au Covid, on a pu montrer, surtout en Wallonie que les Lions étaient directement au service de la population. Dès le début de la crise, le fait d’avoir pu commander des masques, de les avoir distribués, cela a marqué la population. Je pense que l’on doit surfer là-dessus. Nous ne sommes pas, comme certains le pensent, à observer de loin et à ouvrir son portefeuille, non, ici on a participé physiquement pour le bien de la population, on a ciblé les besoins urgents… Les remerciements ont été immédiats et ont été répercutés sur les réseaux sociaux, dans la presse…  ».

Et sur le plan moral ? « Je suis un optimiste de nature ! Quand j’ai remis mes objectifs fin mars, donc avant le Covid, j’avais évoqué l’ambition de voir se créer deux nouveaux clubs et de compter 40 nouveaux Lions (N.D.L.R. : le District 112D a compté 101 clubs. Ils sont 99 aujourd’hui et comptent environ 2.370 membres), on verra ce qu’il en sera dans ce contexte difficile mais j’y crois… Autre souhait, mais ce sera sans doute plus difficile, c’est de convaincre les clubs de consacrer dix pour cent de leurs rentrées pour la LCIF. On voit qu’elle nous rend aussi beaucoup d’argent et à l’analyse de leur type d’action, on voit qu’ils vont directement au cœur des problèmes, qu’ils ne passent pas par des intermédiaires parfois douteux. Les clubs préfèrent aussi agir à leur niveau. C’est ” d’abord nous “, ” nos pauvres à nous ” , une tendance naturelle, universelle… mais il faut rappeler aussi qu’on peut dire à la LCIF quand on lui fait un versement qu’on souhaite que ce soit pour telle ou telle action et pas global ou général. Enfin autre message que j’aimerais faire passer, c’est qu’on ne se cantonne pas toujours aux mêmes œuvres, dans le même style. J’aimerais vraiment qu’on change le paradigme des œuvres à aider…  C’est vrai que pour de nombreuses institutions nos dons sont un “plus” mais je pense que si elles sont subventionnées, et la plupart des œuvres retenues le sont, on devrait chercher ailleurs. Aujourd’hui je trouve par exemple que la Culture, la Musique, les artistes ont aussi besoin d’aide, tout comme le monde sportif… J’aimerais vraiment que les clubs réfléchissent à d’autres cibles, collectives ou individuelles. La crise économique née de la crise sanitaire laissera apparaître aussi de nouveaux besoins dans d’autres secteurs… ».

Tu as décidé d’agir aussi sur la Communication du District vers les clubs et leurs membres « Oui. Avec Oliver Destrebecq, Raphaël Lanza, Alain Gego et Dominique Hellebois, une cellule “communication” a d’ailleurs été mise en place pour cela, elle devrait encore s’étoffer, s’équiper et tout ce qui est communication passera désormais par elle. Il a été décidé que clubs et membres n’auront plus de “mass mailings” venant du Multidistrict et je souhaite à l’avenir que tous les présidents de commissions utilisent ce canal de communication. Il permettra aussi aux clubs de présenter leurs activités dans un agenda accessible à tous les membres… ».

Tes souhaits ? « J’aimerais vraiment orienter nos activités Lions vers la Jeunesse ; le concours d’éloquence, l’award du jeune ambassdeur, tout ce genre de choses par sympathie envers ceux qui s’en occupent en général. Par sympathie avec Pierre Guérin en particulier j’aimerais que l’on mette en valeur le CEDRES, une action de lutte contre le diabète qui est au nombre des cinq piliers du Lions International. Les présidents des clubs il y a quelques jours ont reçu une lettre d’intention du comité du District à ce sujet, il s’agit ici d’un appel à projet pour financer une opération de dépistages gratuits sur un site à définir mais qui sera choisi par les clubs. Le diabète est une problématique qui touche tout le monde, toutes les familles, là aussi nous avons un rôle important à jouer ».

Comment vois-tu l’après-Covid… à condition qu’il y en ait un ? « Etre Lions c’est aussi être ami et avoir du bon temps. La dimension plaisir, le contact, c’est quelque chose qu’on devrait retrouver dans les clubs… ».

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